Depuis 2015, Héla Fattoumi codirige le Centre chorégraphique national de Bourgogne-Franche-Comté à Belfort, nommé VIADANSE. Parallèlement à son activité de création, elle participe à plusieurs instances professionnelles, notamment à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) et à l’Association des Centres chorégraphiques nationaux, avec laquelle elle contribue à un rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes.
Elle commence la danse dès l’enfance et découvre la danse contemporaine à l’âge de 17 ans. Elle poursuit ensuite des études en STAPS à l’UFR de Paris, où une option danse est proposée. Elle y rencontre Éric Lamoureux. Leur collaboration débute à cette période et se poursuit dans un travail d’écriture chorégraphique commun. Leur reconnaissance intervient au début des années 1990.
En 1990, Husaïs reçoit le Grand Prix SACD de la première œuvre au Concours de Bagnolet. En 1991, Après-midi obtient le Prix Nouveaux Talents Danse de la SACD. Ils développent ensuite un ensemble de pièces en lien avec des textes d’auteurs tels que Nathalie Sarraute, Clarice Lispector, Antonio Ramos Rosa et Roberto Juarroz. Parmi ces créations figurent Si loin que l’on aille (1992), Miroirs aux alouettes (1993), Solstice (1996) et Asile Poétique (1998). Entre 2004 et 2015, ils dirigent le Centre chorégraphique national de Caen Basse-Normandie. Ils y mettent en œuvre le projet L’Ici et l’ailleurs et créent le Festival Danse d’Ailleurs, organisé de 2005 à 2015.
À partir de la fin des années 1990, certaines œuvres abordent des questions liées aux mondes des Suds et aux notions d’identité. Wasla, ce qui relie… (1998) s’inscrit dans cette perspective. En 2004, La Madâ’a est créée avec le trio Joubran. En 2006, La danse de Pièze se réfère aux écrits du poète syrien Adonis. En 2009, MANTA traite de la question du niqab. En 2011, Lost in Burqa associe huit interprètes aux œuvres de la plasticienne marocaine Majida Khattari. En 2013, Masculines s’appuie sur les représentations du Bain turc de Jean-Auguste-Dominique Ingres. La réflexion sur l’altérité se prolonge.
En 2020, AKZAK, l’impatience d’une jeunesse reliée réunit douze interprètes issus de trois pays arabes et d’Afrique subsaharienne, avec les compositions de Xavier Desandre Navarre. En 2022, l’ouvrage La Part des femmes d’Anne Pellus donne lieu à une création scénique ainsi qu’à une exposition diffusée sur Numéridanse. En 2023, TOUT-MOUN s’appuie sur l’univers d’Édouard Glissant. En 2024, GOAL – Fantaisie pour passement de jambes, inspirée du football, fait écho à leur formation universitaire initiale. À l’occasion des 30 ans de la compagnie, des projets de transmission et de reprise du répertoire sont organisés afin d’en assurer la continuité auprès d’une nouvelle génération d’interprètes.
© Zelie Noreda