Dans cette relation intime à la musique, les danseur·euses tiennent un rôle central
Emanuel Gat ne chorégraphie pas une partition, il entre dedans puis l’exprime ; pour ces Cinq Jours au Soleil, voilà la Cinquième Symphonie de Mahler, sa rupture stylistique, l’expérience de vie du compositeur, ses cinq mouvements dont le fameux Adagietto et son risque de sensiblerie : « pas vraiment mon registre… Quoi qu’il en soit, la seule façon de savoir s’il est possible d’éviter ce piège, c’est d’y entrer de front et de voir ce qui se passe ! ». Quasiment un programme…
Rappel biographique : Emanuel Gat, engagé tardivement dans une carrière artistique, commence par la musique avant la danse et il en garde une forte sensibilité, composant lui-même pour quelques œuvres chorégraphiques lesquelles témoignent toutes d’un éclectisme exigeant, allant de Bach à Kanye West en passant par Boulez, voire la chanson Sunny, Wagner… Prochaine aventure, Mahler, donc.
Le chorégraphe l’avait annoncé dès l’année dernière et il a déjà rencontré l’œuvre du grand Viennois. « Je dois être dans ma phase Mahler, j’imagine. J’ai créé une pièce pour la Dresden Frankfurt Dance Company (ex-Forsythe), ABSCHIED, en octobre dernier, sur deux chants du Lied von der Erde, et je suis heureux de continuer à explorer la manière dont la musique de Mahler se comporte dans un contexte chorégraphique ». Pour l’interprétation, Philharmonique de Vienne de 1987 et Bernstein, celui dont on disait qu’il était la réincarnation de Mahler et qui « a demandé à être enterré avec la partition de la Cinquième de Mahler posée sur sa poitrine », rappelle le chorégraphe.
Dans cette relation intime à la musique, les danseur·euses tiennent un rôle central pour faire ressentir comment la musique résonne à travers leur corps. Mais cette fois, un invité : la lumière, utilisée « non seulement pour définir l’espace et l’atmosphère », mais encore « comme un élément musical suivant sa propre narration»… Éclairant !
Philippe Verrièle
Distribution / Production
Chorégraphie, scénographie et lumières : Emanuel Gat
Musique : Gustav Mahler, Symphonie n° 5 en do dièse mineur (mouvements 1–4) Wiener Philharmoniker, Leonard Bernstein (1987)
Création sonore additionnelle : Emanuel Gat
Costumes : VICHER
Danseur·euses : Emma Bogerd, Théo Brassart, Geremia Cappagli, Léa Delaporte, Zohar Kotz, Itai Meir, Giulia Quacqueri, Johanne Skogstad, Katherina Solvang, Noah Tyrell, Anaïs Van Caekenberghe, Winter Wieringa
Production : Emanuel Gat Dance
Coproduction : Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie, Biennale Danza di Venezia (Venise, Italie), American Dance Festival (Durham, États-Unis), Festival de danse de Cannes, Pôle Arts de la Scène – La Friche Belle de Mai, Theater Freiburg (Allemagne), en cours…
Avec le soutien de : Klap – Maison pour la danse, Scène 44 n+n Corsino
Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’accueil en résidence à l’Agora

En images
© Julia Gat