Avec Requiem pour Vénus, la chorégraphe guadeloupéenne Chantal Loïal rend hommage à Saartje Baartman, femme sud-africaine qui fut exposée au XIXe dans des foires européennes, et interroge le regard de l’Occident sur l’altérité.
Créé en 2011 par la chorégraphe Chantal Loïal pour un solo, On t’appelle Vénus évolue dans une nouvelle forme, en intégrant des musicien·nes et chanteur·ses.
La Vénus hottentote, c’est cette femme sud-africaine à la morphologie hors norme (hypertrophie des hanches et des fesses) qui, de 1810 à 1815, vécut l’enfer des foires européennes, exposée au regard des hommes comme un animal exotique.
Mais pas question pour la chorégraphe de rejouer le drame, ni de culpabiliser l’auditoire. Ce que veut Chantal Loïal, c’est mettre les pas de tous dans ceux de la Vénus hottentote, lui offrir une victoire sur l’histoire, continuer à mettre en échec un certain regard qui existe encore aujourd’hui.
Elle le fait à travers une danse mystérieuse et sensuelle. Celle d’un corps exposé, détaillé, découpé, qui va, pas à pas, s’affranchir avant de trouver sa plénitude.
La danse de la Vénus
A travers un travail sur la lenteur, la danse de la Vénus a pris un caractère coulé, mettant en valeur la fluidité du mouvement, comme une évolution dans un espace aquatique. Derrière, en filigrane, la danse africaine jamais bien loin, se plie, se fond dans le mouvement, se redécouvre dans une esthétique contemporaine. Elle souligne le sentiment d’enfermement et met en valeur l’expressivité du corps, la tragédie silencieuse de l’être, atteignant directement le cœur du spectateur.
En famille – À partir de 13 ans.
Durée : 40 minutes
Sur une idée originale de : Chantal Loïal
Interprète et chorégraphe : Chantal Loïal
Textes : Marc Verhaverbeke
Chant et Musique : en alternance
Musiques afro descendantes populaires et traditionnelles, des négrospirituals aux musiques patrimoniales des Caraïbes, Amérique du Sud, Afrique subsaharienne
Mentions de production : Compagnie Difé Kako / CCN Roubaix (Artiste associée : 2023 à 2025)
En images
© Scander Aidoudi